Soirée nanars n°1 – « Sand sharks: les dents de la plage »

Ma saison 2012 – 2013 des nanars a commencé. Chaque fois qu’on en aura le temps, mes amis appréciateurs du genre et moi-même regarderons au moins un film à chier dans la soirée, et j’essaierai modestement d’en faire le compte rendu ici.

On commence donc par « Sand sharks : les dents de la plage ». Comme on est pas des petits joueurs, on regarde en VF. J’annonce une belle partie de rigolade, avec mal aux abdos le lendemain.
Mon ami O. m’avait envoyé le pitch la veille : « on fournit le film de la soirée : une histoire de requins préhistoriques qui nagent dans le sable et qui bouffent des gens ».
Bien évidement, l’attente avait été insupportable quand nous nous sommes installés devant mon écran. On avait soif de nullité, on a eu de la nullissimité. A tel point qu’il va être difficile de faire mieux/pire les prochaines fois.
C’est bien simple, la scène d’introduction est à chier, le final est à chier, et tout ce qui se passe entre les deux est à chier. Il en devient difficile pour moi d’en faire une analyse structurée tellement chaque élément du film est au même degré de nullité : ici pas d’arguments antithétiques possibles, pas de nivellement dans la construction de mes paragraphes, car tout est tout nul pareil.
Juste une chose : comme je le disais à un de mes camarades de nanars, je regrette de ne pas croire une seconde, ici, à un nanar involontaire. En tout cas j’espère pour lui que le réalisateur (Mark Atkins) savait ce qu’il faisait, mais si on me disait « non non le mec croyait réellement faire un bon film », je serais d’autant plus fan de cet ineffable navet.
Je vais par conséquent m’auto-convaincre quelques minutes que c’est du premier degré pour que mon analyse soit plus sympa.

Commençons par les effets spéciaux : je pense qu’ils ne représentent pas l’essentiel du budget. Ils sont à chier, on n’y croit pas une seconde, en terme de qualité visuelle on est à peu près au niveau de South Park.
La distribution : je pense qu’elle ne représente pas l’essentiel du budget. J’ai été surpris de voir Corin Nemec, que j’adorais tant dans le rôle de Parker Lewis (et je crois que je l’aime encore plus maintenant que je sais qu’il a eu le courage de jouer dans cette bouse). Pour le reste, je n’ai jamais vu autant d’actrices inutiles, de décolletés inutiles, de dents blanches inutiles. Un clin d’œil à l’actrice particulièrement blonde et inutile qui joue tous les sentiments très mal. Peur, angoisse, colère, détermination, la Cameron Diaz du pauvre joue tout mal. Chapeau. Et je dois souligner aussi le ridicule des scènes de foule, on voit qu’il n’y avait pas de budget pour les figurants, on est à un grand festival et ils sont deux douzaines, c’est pathétique.
Les doublages : je pense qu’ils ne représentent pas l’essentiel du budget. Comme nous l’avons souligné, la ressemblance entre la voix française de Corin Nemec et celle de Kad quand il fait le con à chanter « petit canaillou » est à s’y méprendre. Et c’est le personnage qu’on entend le plus parler, ce qui pousse chaque seconde de dialogue à la limite du supportable.
La bande son : je pense qu’elle ne représente pas l’essentiel du budget. Toutes les scènes sensées être soutenues par la musique ou les effets sonores sont décrédibilisées par une bande son à la « Trotro fait des crêpes ». Déjà, avec de bons effets sonores, c’eut été mauvais, alors là…
Le scénario : plutôt bon. Je déconne, c’est à chier bien sûr. On ne peut même plus parler d’incohérences, les réactions des gens n’ont aucun sens, les dialogues présentent des passages anti réplique culte : c’est l’inverse de la réplique culte, tu l’entends, et le temps que celui d’en face réponde, tu l’as déjà oubliée, à tel point qu’au bout de trois répliques tu sais plus de quoi ça parle.

Par contre, il y a de la scène culte.
Si on s’est tant marré, c’est bien parce que certaines scènes sont gigantesques de non sens et d’inutilité. Oserais-je évoquer le passage où la Cameron Diaz du pauvre étudie les restes du premier requin explosé dans son labo et fait part de ses inquiétudes au shérif ? Un résumé approximatif du dialogue :
« eh bien nous en voilà enfin débarrassés !
- je n’en suis pas si sûre Shérif, je crois que celui-ci était… un nouveau né.
- un nouveau né ? Mais comment pouvez-vous le savoir ? »
- regardez-moi ce morceau (elle lui jette un morceau du requin gros comme une entrecôte), vous avez vu sa taille ? C’est évident, c’est un nouveau né.
- oh mais oui, vous avez raison, c’est un nouveau né ! »
Formidablement mauvais.

J’ajoute mon petit coup de cœur du film, et je pense même pouvoir parler pour tout le monde : nous avons découvert l’homme que l’on surnomme « l’acteur aux deux visages ». Parce qu’il a un don pour changer de visage ?
Non, parce qu’il ne sait jouer que deux expressions. Il a donc son visage n°1, celui qu’il utilise le plus souvent, et son visage n°2 qui apparaît deux fois dans le film. Nous soupçonnons même qu’il ait réussi à se figer quelques secondes pendant la transition entre le visage n°1 et le visage n°2 pour nous présenter une ébauche d’un potentiel visage n°3. Coup de cœur donc pour ce monsieur, le papy dur à cuire tueur de requins, qui nous a offert de belles barres de rire, le doublage aidant bien sûr.

Adeptes du nanar, néophytes en recherche d’un point de départ, ce film est magique. A regarder en groupe pour se moquer et passer une bonne soirée. Moi, j’attends la prochaine avec impatience.