Remaniement professionnel : Astronaute

À l’attention de Monsieur Charles F. Bolden,
Directeur de la NASA,
États-Unis d’Amérique.

Nancy, France, le 14 mai 2016.

Objet : lettre de motivation.

Monsieur,

Suite à un entretien d’embauche désespérant dans le domaine de la pâte à tarte, j’ai décidé d’élargir un peu mon avenir professionnel, et de faire un métier que j’aime dans une boîte sérieuse. Votre entreprise a un bel avenir devant elle : la NASA a su faire parler d’elle (tous les gens à qui j’en parle connaissent déjà), notamment à la télévision avec les gens qui ont marché sur la Lune, et même au cinéma, avec des projets comme Seul sur Mars, à mes yeux bien plus intéressant que Star Wars, qui manque de réalisme.
Vous personnellement, je pense que vous avez été très malin pour en arriver là, et je ne sais pas comment vous avez fait mais directeur de la NASA ce n’est pas rien. D’ailleurs, ça tombe bien que je vous écrive, hier j’ai croisé quelqu’un qui vous ressemblait mais en fait ce n’était pas vous. C’est pourquoi je vous propose mes services comme cosmonaute.

Tout petit déjà, lorsque ma maman m’achetait des Playmobil, j’étais content. Mais cela n’a rien à voir. Par contre, tout petit déjà, j’aimais aussi les planètes (exemples : Pluton, Mars, Neptune, ou encore la Terre). Ma préférée étant la Terre comme j’y habite, mais quand je connaîtrai mieux les autres je verrai bien.

C’est lors d’une journée à la foire de Nancy, alors que je déambulais dans le Mega Starfish Coaster 3000 que je vous recommande, que j’ai pris conscience de ma grande résistance aux manèges, ce qui m’a amené à prendre contact avec vous. Attention, je ne compare pas la puissance des manèges de la foire à celle de vos engins, mais quand même. Je pense que j’ai toutes les qualités physiques requises pour faire cosmonaute : je peux garder la tête en bas sans vomir pendant 20 minutes, je résiste pas mal à la pression atmosphérique, et je suis dynamique.

Voilà pour le physique, mais contrairement à ce que croient les gens, cosmonaute c’est beaucoup dans la tête. Quand j’étais petit vers 1986, une fois j’ai regardé le départ de la fusée Ariane. Je me demande aujourd’hui où elle en est ; est-ce que vous, vous auriez des nouvelles ? En tout cas, depuis ce jour, je me suis pas mal intéressé aux fusées, qui sont quand même compliquées. J’ai d’ailleurs effectué un classement des fusées les plus compliquées qui sont :

1 – les fusées américaines (les vôtres)
2 – les fusées russes
3 – les fusées Ariane

Ce qui n’a pas été facile, puisque des fusées on n’en voit pas partout sauf des fausses, ce qui est logique. J’ai donc fait un classement des fusées les plus rares, ce qui donne :

1 – les fusées ougandaises
2 – les fusées perses
3 – les fusées corses

Je compte bien vous apporter toutes ces statistiques pour mon premier jour de travail afin de les étudier avec vous et éventuellement y apporter quelques corrections.

Par ailleurs, je connais pas mal de constellations (exemples : Andromède, Lion, étoile du Berger, toujours au Nord) même si ma préférée c’est la Vierge qui est mon signe, et j’aimerais bien y aller pour voir s’il y a de la vie dedans. Mais je pense que nous serons amenés à en parler, ce qui nous amènera à parler aussi des extra-terrestres, à qui je crois qu’ils existent depuis longtemps, parce que si nous étions seuls nous le saurions, mais je pense que vous le savez déjà. Par contre, quand ils viennent je ne comprends pas pourquoi ils se cachent alors qu’on ne leur a rien fait du tout. C’est pourquoi je pense qu’ils sont peureux et qu’il faudrait les apprivoiser. Je suis prêt à vous apporter mon expérience pour ça, car une fois j’ai failli apprivoiser un écureuil, ce qui n’est pas facile. Je pense même que c’est encore plus difficile que d’apprivoiser des extra-terrestres, puisque les écureuils ne sont pas assez intelligents pour se promener dans des soucoupes volantes.

J’aime beaucoup voyager, et bien qu’étant incapable de dire ce que vous cherchez, je suis motivé à chercher avec vous quitte à partir très loin. Je pense d’ailleurs pouvoir vous apporter de nouvelles idées, fraîches, qui nous permettront enfin d’avancer. Par exemple, j’ai l’impression qu’on va un peu partout n’importe comment, ce qui est normal étant donné qu’on flotte. Mais je pense que si on quadrillait l’espace on ne retournerait pas là où on est déjà allé, et si on priorisait certains lieux comme par exemple Saturne ou Pluton, peut-être que certains arrêteraient de faire n’importe quoi.
Pourquoi pas un remaniement, peut-être que votre personnel est un peu vieillissant depuis le temps, j’en ai vu à la télé se promener à droite à gauche sans but précis. Je serai d’ailleurs très ferme sur ce point : finie la balade dans l’espace, ça coûte cher et on n’a pas une minute à perdre, à faire des sauts périlleux et des tours de magie dans les stations spatiales devant les caméras. Les russes rigolent moins eux, et peut-être qu’il faudrait en embaucher. Je suis prêt à travailler avec des russes sérieux, s’ils apprennent le français parce que moi je ne comprends rien de ce qu’ils disent.
Pour ma part j’ai des objectifs qui pourraient vous intéresser pour gagner du temps. Pour vous donner un exemple, même si c’est évident qu’on ne peut pas marcher sur le soleil, c’est vrai que j’aurais bien aimé marcher sur le soleil mais c’est trop chaud. Je propose qu’on y envoie des scorpions, que personne n’aime vraiment sur Terre parce qu’ils sont méchants avec nous, et qui pourraient être équipés de caméras très résistantes pour chercher ce que vous cherchez.

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Comment envoyer des scorpions sur le soleil. Croquis.

Je suis prêt à rejoindre une équipe que j’espère motivée, mais je voudrais savoir si ça existe d’être astronaute à mi-temps. Comme c’est un métier assez risqué (j’ai vu dans votre film Gravity qu’on peut vite se perdre dans l’univers si on n’est pas accroché, même si Sandra Bullock a eu de la chance), j’ai dit à ma mère que je ne ferais pas ça tout le temps, pour la rassurer. Ainsi, je pourrais trouver un autre travail quelconque dans l’agro-alimentaire, et partir dans la Lune un jour sur deux. Je serais très intéressé par un job de capitaine de navette sur une base de 20 heures par semaine pas plus.

Moi qui reste bien accroché à la fusée alors que Youri fait n'importe quoi.

Moi qui reste bien accroché à ma fusée alors que Youri fait n’importe quoi.

Je ne doute pas que vous devez être assez occupé à parler avec d’autres présidents, toutefois je vous propose que nous nous rencontrions mardi après l’école, à Nancy si possible car je n’aime pas l’avion, sinon on fera moitié-moitié.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur Bolden, l’expression de mes sincères salutations.

P.S. : pourriez-vous m’envoyer assez rapidement mon emploi du temps, afin que je ne vous dise pas au dernier moment ce qui ne convient pas ? Merci.

On a jamais vu ça.
C’est vrai qu’on a jamais vu ça.

Un jour un objet : Le multi-couteau à beurre cactus

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Je sais bien qu’entamer la lecture vous a été difficile car vous bloquez sur la beauté de la chose. Pas évident de le quitter des yeux ; on l’imagine directement sur la cheminée.
Ben oui ! Mais vous commencez à me connaître, est-ce que je présente ici de simples objets décoratifs ? Est-ce que cette merveille pourrait être un objet anodin qu’on pose comme ça sur une étagère à côté du hibou en porcelaine et puis c’est tout ?

Ah non. Ah non. Anodin ? Non.

Mais bon, on va vérifier, par pur professionnalisme, que le multi-couteau à beurre cactus n’est pas un objet anodin.

1 – Le multi-couteau à beurre cactus est-il un objet anodin ?

Pour ce faire, nous allons bien sûr utiliser l’échelle Ryan Gosling. Ça reste un classique et ce n’est pas désagréable pour nos chères lectrices.

Pour les plus incultes d’entre vous je fais un petit récap’ mais on va pas y passer la journée, faut qu’on avance : l’échelle Ryan Gosling, c’est un peu comme l’échelle de Richter, à la différence que les deux n’ont pas le moindre rapport. Elle a été mise en place en mars par un professeur américain terrrrrriiiiiiiiblement intéressant, dans le but de mesurer une bonne fois pour toutes si oui ou non un objet est anodin, parce que y en avait marre de jamais trop savoir.

L’échelle Ryan Gosling se présente sous la forme d’une grille, avec en X des valeurs numériques de 4 à 44 représentant un genre de moyenne des caractéristiques techniques de l’objet (le cas échéant), et en Y une graduation alphabétique entre A et M, représentant si vous voulez, comment dire, les perspectives que peut offrir l’objet. Ses tenants et ses aboutissants, si vous préférez.
Attention, Ryan doit impérativement se tenir aux côtés de la grille et arborer un air des plus nonchalants, sans quoi le test serait caduque.
On dispose en G10 un mouton en plastique standard, parfaitement grotesque et anodin bien que choupi,  puis on place l’objet à tester comme ceci :

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 Bon ben voilà hein, le multi-couteau à beurre cactus n’est pas un objet anodin.

2 - Est-il beau ? Objectivement est-il beau ?

La glissière du design :

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Voilà.

Analyse de la glissière du design :

Alors ça oui, sa ligne nous coupe le sifflet. Au delà même du design à proprement parler, le pari était osé, car il fallait charmer non seulement les amateurs d’ambiance déco, mais aussi les inconditionnels de pâte à tartiner, et enfin les plus érudits botanistes d’Amérique du Sud. Autant dire que c’était mission impossible !!!
Eh bien c’est un sans faute, tout le monde est charmé. Subjugué. J’ai un copain botaniste d’Amérique du Sud eh ben il est subjugué.
Parti pris tout en sobriété et réalisme au niveau du facteur verdure ; éloquence, intemporalité… et pour ne rien gâcher, l’élégance est de mise, et je pèse mes mots.

Les éloges se bousculent au portillon. Toutefois soyons raisonnables, place aux différents tests sans préjugés.

Les tests design :

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Le multi-couteau à beurre cactus n’a pas à pâlir aux côtés d’une prestigieuse plante ornementale de salon. Coiffé de sa charmante petite fleur, il en impose sur un parquet en chêne véritable.

 

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IMG_1785IMG_1784IMG_1786IMG_1780IMG_1783Qu’importe l’ambiance de votre intérieur : fashion, moderne, sixties, africaine, ethnique ou romantique,  il va avec tout. Son pot réhausse les tons crème, et c’est bien.

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Regardez voir comme cet objet peut nous faire voyager. En un clin d’œil, il transforme notre triste jardin d’hiver en tierras calientes mexicaines.

Les voyez-vous, ces mystérieux voyageurs aux sombres ponchos brodés de motifs millénaires, perchés sur leurs bourriques, certainement à la recherche d’une brebis ayant échappé au troupeau ? Ah ça, c’est du Miguel tout craché ; dès qu’il est en charge des bêtes, il ne peut s’empêcher de garder les yeux rivés sur la belle Clarisa, la plus jeune fille des Suarez, quand elle tend le linge de ses douces mains fragilisées par le labeur journalier sous ce soleil de plomb, et lui, pauvre jeune poète qu’il est, il se perd les pédales dans ses longs cheveux noirs et les bêtes échappent à sa vigilance. À la nuit tombée, il aura encore droit aux remontrances de son padre, à l’éternel sermon sur l’importance de la laine qu’ils vendent aux européens, leur gagne pain, oui, comme le père de son père avant, et d’autres bien avant encore.
Miguel sort de ses pensées. Juché sur son brave petit âne, il ouvre le chemin sur le sentier rocailleux bordé de cactus. Où est passé le petit fuyard ? Les soubresauts dans son estomac lui rappellent soudain combien les burritos de sa gran madre sont riches en fibres.
Mais je divague.
Oh oui je divague.
Allez, revenez.

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Je terminerai le point design sur un détail mais pas des moindres : là où beaucoup auraient négligé l’intérieur des manches de couteaux, ici on a pris soin d’imiter à la perfection l’intérieur d’un cactus en pleine santé. Que celui qui n’a pas envie de croquer dans sa chair fraîche et vigoureuse me jette la première pierre !

3 - Est-il utile ?

Ben évidement qu’il est utile. Déjà, il propose six couteaux, excusez du peu. On peut tartiner comme des fous sans avoir à faire la vaisselle, c’est quand même pas rien. Il en faut de la tartine pour en arriver à bout.
Un truc à beurrer pour les copains et les copines ? Je sors mes couteaux ! Tartinut à gauche, mousse de canard à droite ? Pas d’problème ! Qui c’est qui veut du Saint Moret ? Il me reste 4 couteaux les gars.
Bon.

Et puis on peut l’emporter partout ! Il tient sans problème dans un sac à main. On peut enfin sortir en ville tranquille, sans avoir peur de manquer de couteaux à beurre !

BrigitteJe peux enfin sortir en ville tranquille, sans avoir peur de manquer de couteaux à beurre.

Exemple : imaginons, je suis en cuisine, tranquilou, quand soudain mes convives au salon sont pris d’une terrible envie de tartine ! Ouille. Panique à bord, le fils veut du beurre, la cousine de la crème d’artichaut, tandis que frangin réclame des rillettes, la belle-mère du kiri… et puis ne parlons pas du beurre salé !
Que faire ? Tartiner moi-même en cuisine, en rinçant mon couteau à beurre à chaque fois ? C’est pénible, et ça commence à crier d’impatience au salon !
C’est là qu’intervient mon multi-couteau à beurre cactus. Croyez-moi, nos petits ventres sur pattes n’en reviendront pas. En deux temps trois mouvements, hop, chacun son couteau !

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Et puis imaginez une ribambelle de gamins qui hurlent à tue-tête à réclamer du beurre, un mercredi après-midi… « Papa du beurre, papa du beurre » ! Bim bam boum, une compo sympa pour les faire rire ou même rêver, et hop, chacun son couteau.

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4 - Est-il pratique ?

Tout d’abord, notons que quel que soit le côté par lequel on aborde le multi-couteau à beurre cactus, on tombe toujours sur un couteau, puisqu’ils sont disposés de manière circulaire dans leur support. Effectivement, si comme moi vous en avez marre de tourner autour de votre plan de travail quand vous arrivez du mauvais côté des porte-couteaux, voilà encore un problème de réglé pour de bon.

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Test numéro 1 : Peut-on ranger le multi-couteau à beurre cactus dans le tiroir à couverts ?

IMG_1770Quel dommage !

Ouhlala, les tests commencent mal. On ne peut pas ranger le multi-couteau à beurre cactus dans un tiroir. C’est à dire qu’on peut, mais on ne peut pas REFERMER le tiroir après la mise en place. Imaginez qu’on se mette tous à laisser nos tiroirs ouverts, ça prendrait une place folle !
Vous imaginez le bazar ? Dans les pharmacies ? Pire, quand il n’y en a qu’un seul en bas de meuble ? Dans les stocks de la FNAC ? Tout le monde se prendrait les pieds dedans, les blessés s’entasseraient devant le rayon variété !

Et imaginez les brancardiers dans les hôpitaux avec tous les tiroirs ouverts tiens, autant le brave qui pousse je dis pas, s’il est un peu malin il peut se faufiler mais celui qui tire, il a pas des yeux dans le dos hein, PAF le tiroir des compresses stériles dans les côtes.
Avec tout ça il faudrait ouvrir des centres hospitaliers spécialisés dans les côtes de brancardiers, et je suis sûr que vous n’y pensez pas sérieusement.

La solution serait donc de désolidariser les couteaux de leur support. Là ça fonctionne, sauf qu’on perd tout l’intérêt ludique du cactus dans son pot.

IMG_1793Arf, c’est embêtant.
Du coup, une fois les couteaux rangés et le tiroir refermé, on se retrouve affublé d’un pot factice muni de quelques trous. L’idée serait de lui trouver une utilité quelconque.

Test numéro 2 : Peut-on trouver une utilité quelconque au pot sans ses couteaux ?

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Non on ne peut pas y ranger ses croutons à l’ail. La longueur des fentes pourrait le permettre pour les plus petits des croutons à l’ail, toutefois la largeur n’est pas suffisante. De toute façon, même si l’on pouvait les faire passer dedans, il faudrait qu’ils passent tout juste, sans quoi les croutons tomberaient au fond du pot et ce serait l’enfer pour aller les chercher, bien pire encore que dans un grille pain. Et puis même, imaginons que la largeur de la fente permette tout juste de coincer des croutons, on se retrouverait face à deux gros inconvénients :
1/ on ne pourrait ranger que 6 croutons à l’ail, ce qui serait à peine suffisant pour un consommateur de soupe célibataire et sans enfant ;
2/ le crouton étant assez friable, on risquerait de l’endommager et ce serait fâcheux.

IMG_1795Si on parvenait, à l’aide d’un berlingot, à remplir le pot d’une sauce ketchup, barbecue ou autre, il serait impossible d’y tremper un délicieux bout de pain grillé car la partie supérieure du pot nous en empêche. Messieurs, vous auriez pu prévoir qu’elle se dévisse !

IMG_1796Par contre ça fonctionne pour les Spécial K de Kellogg’s ! En imaginant qu’on en choisisse 6 de taille adaptée, cette astuce permettrait d’apporter une demi douzaine de céréales à la fois sur la table du petit déjeuner, mais elle impose que l’on apporte les couteaux indépendamment de leur support, ce qui peut sembler nigaud.

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Enfin, on peut parfaitement ranger jusqu’à 6 autres couteaux dans le pot. C’est bien mais si ça nous permet de ranger tranquillement les couteaux cactus dans un tiroir, à quoi bon en sortir six autres de ce même tiroir ?

5 - Comment ça se passe au sein des objets du quotidien ?

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Esseulée et disposée parmi d’autres couteaux de toutes sortes, notre tranche de cactus semble chatoyer de mille feux. Sa bonne bouille mettra un peu de chaleur dans votre gamme de coutellerie un peu tristounette.

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On peut disposer quelques fruits autour, le demi citron est un peu osé, par contre le look du multi-couteau à beurre cactus s’adapte très bien aux bananes. Avec le raisin je vous laisse juge. Je n’ai pas pu tester avec un ananas, j’aurais été curieux de voir le résultat…

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Glissé délicatement entre le manche et les cordes d’une guitare acoustique de type Epiphone, le petit couteau saura être Rock’n’Roll (comme l’était notre briquet Johnny Halliday). Je l’ai mis en ré majeur pour l’exemple, mais ça fonctionne avec toutes les gammes hein, mineure majeure, chromatique, do ré mi, alors là, allez-y franchement.

 

6 - Conclusion

On tombe tout de suite sous le charme, il n’est pas parfait mais il est efficace, avec quelques petites améliorations le multi-couteau à beurre cactus pourrait être l’objet indispensable de 2016, pour mettre dans votre vie un peu de… piquant.

Soirée nanars n°3 : Double nanar

Lectrice, lecteur, toi qui ne dors ni ne manges plus depuis plusieurs semaines, toi qui te réveilles en sursaut, la sueur au front, les rares fois où le sommeil prend le dessus sur tes angoisses nocturnes, je viens t’apporter la paix tant attendue.
Toi qui t’inquiétais presque à la folie, pire, toi qui doutais qu’un jour je revienne, troublé à l’idée qu’il puisse m’être arrivé quelque triste mésaventure, eh bien, me revoilà, et rassure-toi, je vais bien. Et toi aussi à présent.
Ça fait bien longtemps que je n’ai pas écrit, je ne pense pas avoir à me justifier. J’avais juste euh des trucs à faire.

Je reviens, et en bon américain que je suis, quand je reviens, je reviens fort. Tout est dans le titre, double nanar, ouais, ça veut bien dire que je vous balance aujourd’hui double rasade de film à chier. J’aime autant vous dire que ça va envoyer du lourd, d’autant plus qu’on est devenu des fines bouches les copains et moi, et que trois ou quatre navets n’ont pas eu l’honneur de mériter qu’on en fasse des critiques. En effet, nous avons estimé que Counter Destroyer, Sharktopuss et d’autres étaient à mettre à la poubelle, pas d’article sympa à en faire tellement ce n’est ni bon, ni drôle.
Les deux élus, par contre, valent le détour. Je vous annonce « White Fire – Vivre pour survivre » et le célébrissime « Turkish Star Wars ».
Bon, le seul problème, c’est que j’ai tout oublié de « White Fire » parce que c’était y a super longtemps. Oh ben ça va hein, je ne suis qu’un Homme, j’oublie les trucs au bout d’un moment, je vais bien trouver comment me dépatouiller avec mes notes.

WHITE FIRE – VIVRE POUR SURVIVRE

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Commençons par préciser que la deuxième partie du titre existe vraiment, ce n’est pas une blague, les mecs ont trouvé ça classe. On va ouvrir vite fait le sujet des traductions françaises :
« Ouais les mecs, pour « White Fire » j’ai trouvé « Vivre pour survivre », classe ou pas classe ?
- classe.
- classe.
- grave classe. »
Sujet clôt.

On respecte la recette du nanar.

Première moustache après 40 secondes de film, bonne nouvelle. White Fire s’annonce soit film de roulades, soit film de stress, tellement y a du stress et des roulades dès le début. Ça roule, ça stress, ça roule, ça stress, et nous on est content.
On note aussi que Roger Fellous est directeur de la photographie. Moi je sais pas je connais pas, mais quand même, Roger Fellous quoi.
Y a de la Jeep, y a du lance flamme, y a de la musique qui va pas bien avec les images, on est tout bon. En parlant de ça, notons qu’il n’est pas évident de jouer la mort quand on est blonde, et que le mec qui fait la musique c’est pas son métier. Déjà, comment qu’on fait pour mourir langoureusement, les cheveux au vent, quand on est pas tout à fait actrice, mais alors si derrière, le mec met « Chapi Chapo » c’est encore moins évident.
On respecte les mauvais doublages. Dans l’ensemble c’est pas trop mal, sauf un personnage, doublé par le pire doubleur de l’histoire. L’accent ne ressemble à aucun accent répertorié, on ne comprend rien c’est l’horreur. Il arrive à nous faire croire que l’acteur joue pas trop mal tellement le doublage est pire.
Bagarre à la tronçonneuse, check.
Répliques humoristiques du héros après les bagarres à la tronçonneuse, check.
Gestion du zoom, check.
Gestion du dézoom, check.
Gestion du doute dans les regards, check.
Montage tout raté avec aucune cohérence entre les scènes, check.
Petit bémol à la recette du bon nanar sur une des premières scènes : un nanar a des effets spéciaux tout pourris. Ici les mecs ont voulu faire trop réaliste, et je pense qu’ils ont réellement cramé un mec au lance flamme pour faire les malins. Certes, du coup ça claque, mais je pense que déontologiquement on est pas au top.

Un film de boule.

Après quelques minutes d’observation, je tranche : White Fire est un film de boule. On est en 1985, et on aime mettre en valeur les petits culs des garçons et des filles avec des pantalons taille haute sans poche. Tout le monde y passe. La blonde sexy, normal, mais aussi le héros, les méchants, les ouvriers et les capitaines de bateaux. Et dans les scènes de bagarre, le petit jean remonté 50 cm au dessus des fefesses c’est top crédibilité. Ça rend plus sexy les pauses à la Jean Claude Van Damme pour la gestion des dézoom.

Plan tronçonneuse,
zoom,
fefesses,
dézoom,
zoom regard,
fefesses,
dézoom tronçonneuse,
BIM, sang qui gicle,
zoom regard tourné vers la mort,
blague.

Répliques cultes.

Il y en a une au dessus de tout le reste, mais je vous la garde pour un autre chapitre. En attendant, j’ai bien aimé :
« ils savent tout par un espion à l’intérieur »,
« ça va mal finir » alors que c’est bagarre générale depuis 30 secondes,
enfin, je sais plus qui dit une phrase qu’on a trouvée mythique :
« je suis fatigué, j’ai eu une réunion hier ».
Faut aimer les phrases, perso je trouve celle-ci bien tordante.

 A noter.

Le costumier a fait de la récup. Je pense qu’il a chopé les prototypes ratés des casques de la série « V ».
casque
Dans le futur les portes s’ouvriront en losange, et c’est vraiment pas pratique si tu passes pas bien au milieu.
Les premiers méchants qui apparaissent dans une jeep, qui sont tout méchants. Même leur Jeep est méchante comparé à la Jeep des gentils.
Apparition du premier prototype de Monica Bellucci. C’est la chef des méchants, elle aurait dû être sulfureuse et avoir un accent italien, mais dans les deux cas c’est loupé.
Gros budget plantes vertes.
Le chien joue mieux la mort que les acteurs.
L’acteur principal joue super mal le mec qui pleure.
À une heure, changement de shampooing. Ça doit être Ultra Doux, c’est tout en pétard.
shampooing
Une somptueuse scène de poursuite en bulldozer.
Musique de quand ils entrent dans un bar. À chaque fois que quelqu’un entre dans un bar, c’est la même musique.
Un saut rocambolesque avec roulades complètement injustifiées au début de la baston finale.

Soyons clair sur l’inceste.

Oui parce qu’on a tous clairement eu un malaise quand on a compris le vrai propos du film. L’actrice principale sort toute nue d’une piscine, enfile sa serviette. Son frère, le héros, vient la chercher parce que c’est l’heure de manger. Pour la déconne, il lui enlève sa serviette. Normal me direz-vous, quel rigolo n’a jamais fait ça à sa sœurette ?
Là où on a tous vomi, c’est quand il la regarde de la tête aux pieds et lâche :
« Dommage que tu sois ma sœur ».
Là, quand même, on s’est tous regardé, à la recherche d’une personne qui éventuellement aurait pas trouvé ça bizarre.
Le pire, c’est qu’en fait tout le film tourne autour de ça. Tenez-vous bien :
Quelques minutes après cette réplique, la sœur en question meurt. Le héros est super triste, il le joue pas bien mais il est super triste. Plus tard, il rencontre une blonde et décide de l’envoyer se faire refaire le physique à l’identique de sa défunte sœur. Content de la retrouver, il va pouvoir mener à bien sa mission, et éventuellement la pécho. Donc pendant tout le film, on se dit qu’il va indirectement coucher avec sa sœur, parce que comme là c’est pas sa vraie sœur, à la limite c’est moins grave.
Je vous laisse imaginer le malaise. En plus à la fin ils partent tous les deux, et on sait même pas si il va la baiser.

TURKISH STAR WARS

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Allégeons un peu le ton avec cet immense classique du monde du nanar. Turkish Star Wars (c’est pas du tout le vrai titre mais le vrai titre c’est du turque et je suis pas super doué en turque), est le nanar SF par excellence, considéré comme le numéro 1. Pour commencer, il faut savoir que le réalisateur a pris des scènes du vrai Star Wars, les a collées en fond, et a ajouté ses acteurs. Fallait oser, et fallait oser repomper AUSSI les musiques. Sauf qu’au milieu des musiques du célèbre chef-d’œuvre de Lucas, s’est glissé le thème d’Indiana Jones, tant qu’à faire. Beaucoup de gens connaissent ce petit trailer :


(à 1:07, comment se déguiser efficacement en zizi)

Bizarrement, je vais faire plus court sur ce film, parce que je pense qu’il mérite vraiment d’être vu. Les costumes, les acteurs, les dialogues, le scénario, les millions de trucs mal faits, tout ça on s’en fout. Ce qui est bon, ce qui est à mourir de rire, ce sont les scènes de bagarre.
Et l’épée.

Les scènes de bagarre.

Chaque scène de baston de ce film est une pépite. Pas évident à expliquer, c’est juste que les deux héros du film sont tellement sur-vénère, qu’ils feraient passer Bud Spencer pour un acteur de Vaudeville.
Ces deux mecs, faut tellement pas les faire chier, qu’ils t’ont déjà pété trois fois la gueule avant d’être sûrs que t’avais l’intention de les faire chier.
Y en a un qui est tout le temps vénère, alors que l’autre, ben il est tout le temps vénère aussi.
D’ailleurs quand quelqu’un arrive, et quand bien même c’est juste un écureuil le mec, ben ils se regardent, et là tu les vois monter en pression direct.
Faut pas les croiser. Jamais. Y a que la blonde au regard bovin qui se fait pas péter les rotules quand elle croise leur regard, et encore, à un moment j’ai cru qu’elle allait en prendre une. Mais elle s’en sort bien parce qu’elle peut pas parler, et accessoirement y en a un qui veut se la faire, pour la même raison.

Attention, il y a plusieurs façons de péter la gueule à quelqu’un. Tu peux utiliser les arts martiaux mais c’est chiant. Ici, on tape avec les mains tendues au niveau des trapèzes, en bougeant la tête plus vite que tout le reste du corps. Tu vois Zoot le batteur fou du Muppet Show ? Eh ben pareil.
Chaque coup porté à un adversaire est une pure merveille, j’ai envie de me faire les scènes de bagarre au ralenti tellement c’est à se pisser dessus.

Et je pense pouvoir dire au nom de tout le monde, que la scène de baston mythique du film, c’est quand un des deux acharnés pète la gueule d’une espèce de géant rien qu’en sautant par-dessus lui une cinquantaine de fois. Moi une fois j’étais énervé j’ai sauté par dessus un mec, il faisait moins le malin. Il l’avait cherché.

L’épée.

Ça devrait être l’objet le plus convoité de l’Histoire du cinéma. L’épée en or de Turkish Star Wars, celle qui a tout plein de pouvoirs et qui va sauver la planète. C’est moitié une épée, moitié une énorme baguette de pain en épi.
Je mets au défi n’importe qui de me créer un truc moins crédible que l’épée confectionnée pour ce film. Quand le héros se balade avec ce truc en papier mâché doré, c’est du Benny Hill sans le faire exprès. J’irais même jusqu’à dire que les Monty Pythons n’auraient pas fait mieux.
Je vais écrire au Petit Robert et proposer une photo de cette épée pour illustrer le mot « grotesque ». Merci, merci au réalisateur et à l’accessoiriste pour ce grand moment.

Au diable les autres épées, celle que je veux, c’est celle-là. On fera difficilement plus drôle que ce film dans nos soirées nanar, mais on y croit et on s’y remet bientôt.

5 chansons qui donnent le smile (promis pas de Gangnam style)

Oui je sais, j’ai déjà fait une catégorie « 5 clips », mais j’aime bien les catégories que voulez-vous ? Moi le bonheur, les fleurs, tout ça, ça ne m’interpelle que si on les place entre des intercalaires. J’appelle au débat dans les commentaires pour les anarchistes à qui ça plait pas.
Bon. Maintenant que j’ai bien montré qui c’est le patron ici, je vous préviens ça va sourire bêtement. Même les plus chiants oublient leurs goûts musicaux et sont contents.

 

Suede – Beautiful ones

Ah si j’avais un sèche cheveux et une chemise ouverte…

Roger Glover and the butterfly ball - Love is all

C’est un grand classique du sourire, dont il me semble impossible de se lasser. Quand Ronnie James Dio ne chantait pas la mort et les dragons, ça donnait ça. Rest in peace Monsieur.

Funktomas – Sweet baby

De bon matin, un café, une biscotte, Funktomas.

Devendra Banhart – Carmensita

Plaisir des yeux, plaisir des oreilles, crampes aux zygomatiques.

Kendrick Lamar – The recipe

Un jour je ferai une catégorie « 5 chansons qui ont la classe », et c’est juste pour ma bonne conscience que je ne remettrai pas celle-ci. Il faut bien dire que le nouveau petit génie du hip hop distribue la bonne humeur avec cette pépite, même si ça n’amène pas à sauter partout.

Bonus track
Je sens que ça va devenir une habitude, j’adore les bonus quand ils sont bien classés derrière l’intercalaire « bonus ». C’est pour vous c’est cadeau.

Un jour, un objet : Le briquet Johnny Halliday

J’ai l’honneur de vous annoncer le premier article d’une longue série que j’ai nommée Un jour, un objet.
Puisqu’il faut faire honneur aux belles choses, leur prêter attention comme on prête attention à Zahia, je
Non, Zahia c’est un mauvais exemple. On ne prête pas vraiment attention à Zahia. Du moins je ne crois pas… Bon, le deuxième Un jour, un objet sera consacré à Zahia.
En attendant, j’ai testé pour vous :

Le briquet Johnny Halliday.

Le briquet Johnny Halliday.

Au premier abord, ce briquet semble extraordinaire, mais j’ai voulu passer outre la suprématie de l’estampille pour un vrai test sans parti pris.

Il est évident qu’avant de tester un objet, nous devons passer par une étape indispensable, validée ici avec une vive émotion.

Johnny Halliday passe le test du lapin LindtC’est bon, le briquet Johnny Halliday tient dans un lapin Lindt. Ouf. Passons au test.

J’espère que Zahia passera cette étape préliminaire. Au pire, je ferai une exception pour cette fois, le lapin deviendra l’objet. On verra.

1 – Le design

Le jeu en valait la chandelle, on a fait appel aux plus grands architectes, designers, sculpteurs d’Europe pour profiler ce briquet et lui donner des allures de Bugatti, voir de Safrane.

Title1 Selected
Title1

Si l’esthétique est une véritable réussite, on déplorera quand même l’absence de petite loupiote bleue, bien utile quand on se perd en forêt et que l’on n’a sur soi que son briquet.
Le profil élégant et raffiné de l’objet nous fera vite oublier cette lacune.

2 – Les avantages


Le briquet Johnny Halliday s’adapte parfaitement à un rebord d’ampli. De belles soirées rock’n’roll sont à prévoir.

5_deco_cuisine_briquet_Johnny_Halliday
Sa forme et sa photo sauront constituer une belle décoration pour votre cuisine. Posez-le simplement, et il fera le reste.

6_mouchoirs_auchan_briquet_Johnny_Halliday
Tous les passionnés de déco le savent, un objet qui n’est pas raccord avec les boîtes de mouchoirs Auchan n’est pas digne d’investir nos appartements. Ici, c’est mission accomplie.

7_pot_briquet_Johnny_Halliday
Il fallait y penser ! Le briquet Johnny Halliday peut être posé sur un rebord de pot de fleurs, sans risque de chute. Décidément, ils n’en finissent plus de nous étonner.

3 – Les inconvénients

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On ne peut malheureusement pas allumer un four à gaz avec ce briquet. On aurait pu penser à un embout qui passe dans le petit trou, messieurs.

9_imprimante_briquet_Johnny_Halliday
Pour finir, une deuxième et dernière petite déception : quand on pose le briquet Johnny Halliday dans un tiroir à papier d’imprimante de type Epson, il ne sert à rien.
Si vous avez chez vous du Canon, Lexmark ou HP, merci de tester et me faire parvenir le feedback.

4 – Conclusion

Si son esthétique unique ne laisse personne insensible, on peut faire nos difficiles et réclamer une version 2.0 du briquet Johnny Halliday. Pourquoi pas muni d’une lampe et d’un embout, la vie ne vaut la peine d’être vécue que si elle est truffée de rêves et de promesses.
Dans l’attente, on se satisfera de ce bel objet, que vous pourrez trouver dans tous les bons tabacs au prix tout à fait justifié de 14 euros.

5 – Petite astuce

Si vos invités vous font des remarques désobligeantes concernant l’impossibilité d’allumer votre four à gaz avec votre briquet, ne vous offensez pas, tournez cela à l’humour. Faites face aux moqueurs et dites :
« en même temps, si c’était fait pour ça, Johnny aurait appelé sa chanson « allumer le four », pas « allumer le feu » ! »
Les fous rires couvriront les moqueries, et pour vous ce sera gagné !

Ras-le-tiers-de-bol !

Je ne pense pas être de ceux qu’on classe dans les relous du look ou dans les critiqueurs systématiques des choix capillaires des autres. Moi-même, à l’heure où je vous parle, je porte une coupe de cheveux d’un goût douteux, pour des raisons liées aux écarts de température importants en région Lorraine.
Mais il y a un phénomène de société qui me file de l’urticaire, une mode dont même l’incommensurable journal de Pernaut ne saurait exposer les dangers.
Je parle évidemment de la frange.

Chers coiffeurs, chères mesdames, pourquoi ?

Plutôt que d’attendre la réponse convaincante qui n’arrivera jamais, je vais synthétiser toutes les connaissances que j’ai accumulées sur ce sujet durant de longues années de recherches dans toutes les bibliothèques de… du monde.

Sommaire :

1- Étymologie et définition
2- Origines de la frange
3- Expressions liées à la frange
4- Les franges célèbres
5- Les franges pas célèbres
6- Les détracteurs de la frange
7- La frange en milieu urbain

1- Étymologie et définition

Le mot frange vient du français « frange » qui signifie donc « frange », et déjà à ce stade on se dit que ça ne mène à rien.
Wikipédia nous dit que la frange est un type de coiffure où les cheveux du toupet retombent sur le front. Mouais. Ça sent l’embrouille ou ça sent pas l’embrouille ? Personne ne sait ce que c’est, le toupet ; on peut pas aller vérifier, ils font ce qu’ils veulent les mecs qui écrivent ça. Moi j’y crois pas une seconde à cette histoire.

2- Origines de la frange

De mémoire d’Homme, la première frange serait apparue aux environs de 1840 quand Léopold 1er, le roi des belges, aurait tripé sur Poupette, le caniche de sa femme, histoire de se foutre de sa gueule.

La première frange de l'histoire ?L’unique témoignage connu à ce jour évoque une soirée fort arrosée, et attribue ces termes au souverain :

« Ouais euh… viens là poupette, que j’te laisse tomber les cheveux du toupet sur le front, on va déconner un peu ».

Fort de la grosse ambiance de poilade qui régna parmi ses sujets à la vue du malheureux toutou, le roi décida d’exploiter le filon. Très vite, une nouvelle loi fut greffée au code de conduite belge :

« Article Z0F22 : Qu’à partir de ce jour tout agissâge qui manquoît de respect au roi souverain fût sur le champ soumît à sévère sanction. Que la punissüre du malfrat fût qu’on lui attribuât la coupe à Poupette. »

Pouah, ben là les mecs ils faisaient moins les malins.
Oui mais… durant les mois qui suivirent la mise en place de cette loi, on constata une telle augmentation du nombre de femmes qui venaient pisser sur le trône du roi, qu’on commença à se demander si elles n’aimaient pas ça, la coupe à Poupette. La légende dit qu’une jeune femme vint même pisser sur le roi en personne.
La loi fut donc abandonnée, et le trône remplacé. On n’entendit plus parler de la coupe à Poupette, ni en Belgique, ni ailleurs.

Dans les années 1960, Brigitte Bardot, grande passionnée de l’Histoire belge, découvrit cette histoire passionnante. Elle sortit de la grande bibliothèque de Namur pour filer droit chez le coiffeur. Elle fut la première à populariser la frange.

Et ce fut la première fois que BB devint objectivement moche.
La frange se répandit de façon exponentielle. Aujourd’hui, c’est devenu un phénomène de mode ordinaire, adopté même par les plus lucides de nos concitoyennes, y compris la femme qui partage ma vie, d’où ce fabuleux article.

3- Expressions liées à la frange

« en avoir ras la frange » : état d’exaspération lié à une coupe de merde.
« tarte à la frangipane » : tarte de type mal coupée.
« jouer frangeux » : jouer (par exemple au poker) en arborant une coupe de merde.
« je vous fais une frange? » : en langage de coiffeur, signifie « je te déteste, je vais t’anguler les traits ».
« se couper la frange en deux » : faire preuve d’un manque de toupet.
« pute à frange » : se dit d’une pute avec une coupe de merde.

4- Les franges célèbres

Jessica Alba
Une image terrible.

John Fogherty
L’un des rares chanteurs de rock à avoir moyen pécho.

Natalie Portman
Pourtant brillante, elle s’est faite avoir comme les autres.

Dark Vador
J’ai choisi cette photo parce qu’au moins ici la frange permet d’afficher l’heure.

Tyra Banks
Oui, même elle, ça la rend moche.

Playmobil
En avant les histoires.

5- Les franges pas célèbres

Ces demoiselles étaient peut-être charmantes avant de se faire charcuter la houppette, mais là on se rend pas bien compte.

6- Les détracteurs de la frange

Bon ben déjà il y a moi, mais il y a aussi Domimiii73, qui dit sur le forum Elle :
« C’est ce qu’il y a de pire. Certains coiffeurs s’y oppose même. Comprenez, un front à besoin d’être dégagé pour illuminer le visage et montrer les yeux. Je suis anti frange et je le revendique ».
Ça me semble très clair, merci Domimiii73.

7- La frange en milieu urbain

De nos jours, on peut voir des franges partout, dans les ruelles sombres de nos villes, comme au détour d’un Mac Donald’s. Véritable phénomène de mode, le tiers-de-bol, comme l’appelait brillamment François Bublon ( célèbre sociologue spécialisé dans la partie frontale des cheveux ), s’installe dans nos villes et nos campagnes.
Pourquoi?
Après mûre réflexion, je pense pouvoir émettre l’hypothèse que c’est juste pour nous faire chier. Nous les hommes, s’entend. Car les hommes n’aiment pas la frange, c’est un fait. Je sais pas, ce trait juste au dessus des sourcils nous rappelle peut-être la forme du couvercle des toilettes qu’on nous demande sans cesse de rabaisser, ou alors, nos regrettés Playmobils, voir image ci-dessus ; peut-être nous rappelle-t-il nos quatre ans, quand nos parents nous faisaient des coupes improbables pour se foutre de notre gueule entre grands. Ça cache les sourcils, c’est déplaisant, on ne peut plus communiquer avec eux, et c’est disgracieux.

Pour finir, je vous demanderais de laisser votre toupet tranquille, et si j’ose parler au nom des hommes de bon goût, Mesdames, Mesdemoiselles, mon amour, s’il vous plaît, libérez-nous notre rectangle à bisous.

5 clips

Frank Zappa disait que les clips détournaient l’attention de l’auditeur pour lui faire oublier la médiocrité de la musique qu’on lui servait.
Parfois c’est vrai.
Mais quand quelqu’un fait d’un clip une véritable œuvre d’art, ça force le respect, il faut bien l’avouer Monsieur Zappa. Et quand, en plus, le fond sonore est de qualité, ça fait double respect, et je publie.
Première rasade de grand art.

1 – Queens of the stone age – Go with the flow
Certes, je ne suis pas objectif, c’est les Queens of the stone age. Mais objectif ou non, ce clip est non seulement beau, mais en plus il est classe.

2 – General elektriks – Take back the instant
Quand je vois ça je me dis que la France gagne en crédibilité. Ils sont français et ils sont forts, très forts. Depuis que j’ai découvert ce clip, Arno Salters est comme une sorte de demi-dieu pour moi.

3 – Arctic Monkeys – Crying lightning
J’aime avant tout la chanson, mais je trouve le clip très réussi. Ici pas de prouesse technique, mais l’aspect volontairement tiré par les cheveux (je ne parle pas de la coupe du chanteur) crée une ambiance particulière.

4 – The white stripes – Fell in love with a girl
On le connait tous celui-là, il est très moche, il est moitié en Lego et moitié pas en Lego parce qu’il leur manquait sûrement des rush, mais eux ont fait ce qu’on aurait tous aimé faire.

5 – Radiohead – There, there
Quand l’un des plus grands groupes du monde signe l’un de ses meilleurs titres, on évite le clip façon montage des meilleurs moments en studio. On fait un clip à la hauteur du truc. Ben voilà.

6 – Bonus
Le petit clip bonus qui détend. Si vous le connaissez déjà il faut le revoir. Si vous ne le connaissez pas il faut le voir. Vraiment.

Profil gériatrique…

Avez-vous remarqué qu’à chaque fois que des mecs creusent un trou dans le sol pour des travaux quelconques, il y a un vieux monsieur qui regarde ?
Non ?
Alors regardez mieux, ça ne rate jamais. Bon, certes, il faut tomber sur l’instant T, mais je tombe tellement souvent sur l’instant T (je pense qu’ils se relayent) que j’en suis arrivé à l’équation un trou = un vieux. Le papy s’intéresse aux trous dans le sol, c’est un sujet qui le fascine. La dernière fois que j’ai vu un grand-père observer l’avancée d’un fabuleux trou sur le trottoir, j’ai d’abord refoulé l’idée d’organiser des files d’attente payantes parce que j’ai pas le temps, et puis je me suis posé une question : est-ce que, quand je serai vieux, je m’arrêterai systématiquement à la vue d’un bonhomme orange qui répare des tuyaux de canalisation ?
Difficile à dire. Est-ce que quelqu’un sait à 30 ans comment il sera à 75 ?
Sans penser aux symptômes physiques et pas rigolos de la vieillesse, il m’arrive de me projeter, et de m’octroyer toutes ces petites choses que j’ai observées chez les personnes âgées. Je me sens l’envie aujourd’hui de partager une petite synthèse.

Quand je serai vieux, je trouverai que c’est rare les enfants polis et bien élevés. Quand je verrai un gamin dire « au revoir » j’alerterai les parents de leur bon boulot, ça leur fera plaisir. Pour les autres j’aurai des remarques à faire, mais je les dirai tout en nuances, je suggérerai, je sous-entendrai, je glisserai du demi-marmonnement ponctué de « oooooh ben », de « oulah dis voir » et de sourires gênés à l’attention des parents laxistes. Plutôt que d’attaquer direct sur la façon dont les mômes seront élevés, je me contenterai de dire « il est sage hein » quand ils dormiront dans leur poussette, ça implique qu’ils le sont pas tellement quand ils dorment pas.
Concernant les progrès matériels liés au confort de bébé et des parents, je trouverai ça futile, parce que de mon temps on s’en sortait très bien sans. « Tu sais mon fils, nous à l’époque on avait pas ça donc tu peux t’en passer ». CQFD.

Quand je serai vieux, j’aurai peur des chiens des jeunes. Quand je parlerai aux maîtres, je marquerai un léger écart de la tête (imperceptible) tout en m’intéressant pour me sentir rassuré. Je dirai que j’avais un chien avant, qu’il était gentil mon chien. Je penserai « plus gentil que le tien jeune voyou ». À chaque station de tram je me demanderai s’il va enfin descendre avant que je me fasse attaquer, parce que quand même, il aura beau me dire qu’il est gentil hein, eh ben… quand même.

En même temps, dans l’ensemble je me sentirai pas rassuré. Quand je serai vieux, je me sentirai plus fragile, plus agressable. C’est bien connu que les jeunes agressent les vieux, ils auront aucun respect pour nous dans 45 ans les jeunes, ils seront pas polis avec nous comme on l’était avec nos vieux à nous, et même qu’on a inventé le terme « personnes âgées » pour tout arranger.

Quand je serai vieux je porterai des bob et des casquettes. Pas pour le style mais pour avoir chaud aux oreilles. Je m’en foutrai j’en emprunterai aux jeunes, y aura des trucs marqués dessus, des noms de groupes ou de bière ou de drogues que je ne connaitrai pas, mais je les porterai avec nonchalance, parce que faut pas déconner, le temps d’aller chercher trois courgettes ça convient bien.

Quand je serai vieux il fera plus froid qu’avant. Pas à cause de la vieillesse, non, la météo, objectivement, ce sera plus ce que c’était. D’ailleurs je chercherai la chaleur dans les files d’attente des caisses de supermarchés, en me collant aux gens devant moi. Ça les fera râler mais je regarderai ailleurs et je ferai comme si j’entendais pas.
J’aurai la goutte au nez en hiver, et je mettrai trois plombes à l’essuyer, la laissant pendouiller entre mes deux narines, telle la goutte au bout du robinet de la cuisine qu’on fixe des heures durant en attendant qu’elle se détache et en se disant toutes les 5 secondes « ça va être maintenant », non, alors « ça va être maintenant », non, « cette fois c’est maintenant »…
Je marcherai en zigzagant et ça bloquera la route à ceux qui vont plus vite que moi. Un coup à gauche, un coup à droite, un coup à gauche… oh génial, un trou dans le sol…

Quand je serai vieux, j’aurai arrêté l’ouverture d’esprit depuis quelques décennies. Je trouverai que mes idées sur la vie sont les bonnes depuis le jour où j’ai tout compris, je penserai que tous ces jeunes qui cherchent encore sont des nazes, la vérité, le bonheur, la sagesse, moi, je saurai mieux qu’eux, mais je les trouverai quand même mignons, les autres, à s’agiter dans tous les sens à la recherche de nouvelles idées supposées faire évoluer l’espèce humaine. Je les regarderai d’un air un peu condescendant, je ferai semblant de les écouter, et je hausserai les sourcils à la vue de leur folie de jeunes. Et je me dirai qu’ils font bien comme ils veulent, pour ce que ça me concerne, oh ben moi oulala.

De toute façon ça ne servira à rien de lutter, les jeunes n’écoutent pas les vieux. Quand je serai vieux, j’aurai lâché l’affaire, secrètement frustré quand même qu’ils ne me prennent QUE pour un vieux.
J’aurai tenté de leur expliquer mille fois, mais ils n’arriveront pas à comprendre que je ne suis pas né vieux, qu’avant moi aussi j’étais jeune bordel de merde !
Réveillez-vous les jeunes, avant j’étais vous !!! Eh, j’ai pas toujours trembloté, d’ailleurs toi, le petit brun qui fais le malin, je suis sûr qu’à ton âge je t’aurais cassé la gueule fastoche, alors arrête de me faire tes petits sourires polis, nom d’une pipe, avant j’étais jeune moi aussi, et ma meuf elle était plus belle que la tienne !!! D’ailleurs elle m’aurait kiffé, ta petite copine. Comment ça « kiffer » c’est ringard ?

De quoi ils parleront, les gamins, quand je serai vieux ? De séries télé, de cinéma, de musique ? Pas étonnant. Ça les mènera à rien.
Le vrai sujet qui nous fait avancer, c’est le temps qu’il fait. Je pourrais en parler des heures sur le chemin de la boulangerie (le pain c’est plus ce que c’était) avec madame euh… Pierret? Perreau? Oh ben je sais plus, mais en tout cas une dame bien sympathique, et qui en a connu des difficultés, notamment avec son mari.

Le foot ? Rendez-vous compte, j’aurai connu Platini, Maradona, Zidane, Cantona, Ronaldo, Messi et l’OM de Papin, Waddle, Boli…
Le basket ? J’aurai connu Barkley, Mutombo, O’Neal, Bryant, et surtout Michael Jordan et les Chicago Bulls et les commentaires de George Eddy.
La télé ? Moi j’aurai eu le Club Dorothée bande de nazes.
Quand je serai vieux, j’aurai connu la grande époque. Nulle part ailleurs et les chroniques d’Antoine de Caunes et de Bonaldi, la popularisation de la carte à puce pour les cabines téléphoniques, l’invention du téléphone portable, du CD, l’apparition de Tetris, Michael Jackson, le prince de Bel-Air et La cité de la peur. Sans oublier Joël Robuchon.

Ça fera peut-être de moi un papy réac, mais quand je me sentirai largué j’aurai toujours ces arguments. La grande époque. Et quand d’avoir connu tout ça fera de moi un vieux con, j’aurai une pensée émue pour les plus tout jeunes d’aujourd’hui, qu’on chambre sur Saturnin et Bonne nuit les petits.

Soirée nanars n°2 – « Hitman le cobra »

Hitman, c’est avant tout une scène célébrissime :

Au départ je me demandais pourquoi on ne connaissait qu’un extrait de ce film. Plus exactement, j’avais peur que ce soit la seule scène véritablement drôle.
Ignorant que j’étais.

À vrai dire la seule chose qui m’empêche de dire que ce nanar est la pire daube de toute l’histoire du cinéma, c’est que j’espère voir pire plus tard. Je m’accroche à cet espoir à l’heure où j’écris pour ne pas abuser des superlatifs, un peu comme le collégien n’osant pas écrire à Jessica qu’elle est la femme de sa vie parce que, on ne sait jamais, il pourrait rencontrer un jour une autre fille tout pareil, mais avec EN PLUS des gros lolos.

Dès le début, on a tous compris qu’on n’allait rien comprendre. D’ailleurs y a même pas vraiment de début, et je pense très sincèrement que les mecs ont commencé par le milieu.
Alors du coup nous aussi on a commencé par le milieu, pas le choix, et on a très vite fait pause, débriefing, on était tous d’accord qu’il manquait un début et que déjà, au bout de 10 secondes de film, on ne pigeait strictement rien.
Ce qui en soi est très fort, car d’habitude le spectateur attend quand même un bon quart d’heure pour admettre timidement qu’il ne comprend pas de quoi il s’agit.

On se rendra compte plus tard qu’il n’y a pas de fin non plus, et qu’on saurait difficilement trouver un milieu.

Certes, je suis dur ; pas de début, pas de milieu, pas de fin, qu’importe, c’est pas l’essentiel tout ça. Il y a plein d’autres choses que ce film n’a pas, il serait injuste de ne pas en parler, ça nous a tellement fait rigoler.

Hitman n’a pas d’acteurs valables. Les petits malinous ont tenté de dissimuler ça derrière des nuques longues et des moustaches mais c’est un échec, on voit tout. Même les zoom et les dézoom par milliers n’y changent rien. Faudrait voir en VO, mais en VF c’est tellement plus drôle… En fait, le jeu des acteurs on s’en fout, ils sont tous complètement inexpressifs. Ce qui promet des barres de rire, ce sont les doublages, comme on le voit dans le célèbre extrait ci-dessus (oui oui, c’est comme ça tout le long).

Hitman n’a pas d’histoire. C’est pire que de ne pas avoir de scénario. En gros, des mecs qu’on sait pas qui c’est cassent la gueule à des mecs qu’on sait pas qui c’est non plus, pour sauver les villages qu’on sait pas où c’est des envahisseurs qu’on sait pas lesquels des deux c’est. Moi je crois qu’ils pourraient bien tous se battre contre aucun des deux tellement c’est pas clair. Si vous avez besoin de relire deux ou trois fois cette phrase pour la comprendre, j’ai tout juste vous êtes dans l’ambiance.

Hitman n’a pas de costumier. Je crois que chacun est venu avec ses propres accessoires, perruques et chapeaux qui n’existent pas dans la vraie vie. Quand on voit apparaître un type avec un sac plastique sur la tête avec deux trous pour les yeux, sachant que le sac en question est sensé l’aveugler, on commence par rigoler mais on se sent vite mal à l’aise.

Hitman n’a pas de notions de temps et d’espace. Prenons les scènes de combat : pas besoin de faire une école de cinéma pour savoir qu’ici, on peut voir absolument tout ce qu’il ne faut pas faire. Hop vers la gauche des mecs tirent, plan suivant les autres tirent vers la gauche aussi, plan suivant ça court vers la gauche… Ça court à droite, ça court à gauche, ça court au milieu, des mecs passent dans tous les sens devant vos yeux, meurent dans tous les sens… j’ai même vu un mec re-mourir !
Je sais plus si c’était un chinois ou un congolais. En tout cas il avait une moustache.
Le problème du temps est tout aussi sérieux. Artiste hors pair du nanar, le réalisateur a voulu aller au bout des choses en nous proposant une fine alternance de plans de jour et de plans de nuit. Si les rushs l’avaient permis, je pense qu’il aurait fait 1H30 de jour – nuit – rejour – renuit – rejour… Le résultat reste impressionnant, ON NE CALE RIEN, et même si on essaie de s’accrocher depuis les dix premières secondes, aucun cerveau n’est en mesure d’imaginer où on est, quand on est, qui on est, comment on est, pourquoi.

Je vais pas jouer les critiques de cinéma toute la soirée, d’autres plus doués que moi ont déjà publié sur ce nanar d’anthologie, passons aux moments les plus notables du film.

Notons d’abord un concept médical intéressant. Quand le personnage principal apparaît blessé, la belle Mandy vient aux nouvelles :
« tu as mal?
- oh ce n’est rien, juste une luxation.
- je t’ai préparé une potion ».
La potion anti luxation de l’épaule m’aurait bien intéressé, ces couillons des urgences ont oublié de me la proposer. D’autant que le monsieur repart au combat sans même l’avoir bue, preuve de l’efficacité de la chose.

Notons aussi l’importance des touffes dans le scénario. La touffe sert à dissimuler des passages secrets, et la touffe peut aussi contenir des armes chargées. Lors du combat final, Philippe, le fameux, se retrouve sans arme. Heureusement, il y a une touffe ! Sauvé, Philippe n’a plus qu’à plonger sa main dans la touffe pour en sortir un gun.
On y pense pas assez, à la touffe d’herbe. Avec ça et des potions, on est pas loin de l’immortalité.

Notons qu’Hitman est un film de puissance, tout est puissant dans Hitman. Les cigarettes sont puissantes, les chemises à fleurs, les bandeaux dans les cheveux, les touffes, les phares des 4×4 sont puissants. Ça on l’a tous bien senti, ça ne s’explique pas. C’est peut-être dû aux fabuleux bruitages qui font qu’on entend même la puissance des feux de croisement.

Notons enfin l’intelligence de Mandy lorsqu’elle cache une bande de réfugiés dans sa maison. Les mecs prennent un passage secret (celui qui donne sur des touffes), alors qu’une centaine de militaires armés jusqu’aux dents entrent pour les zigouiller. La demoiselle revient vers l’entrée du passage et interpelle les hommes :
« venez, je vous ai préparé à manger ».
On est donc bien d’accord, elle est sensée être seule dans la maison, et les militaires ne se sont douté de rien quand ils l’ont vue préparer dix-huit kilos de polenta dans sa grande marmite.

Pour conclure à mon grand regret pour ne pas faire trop long, j’aimerais avertir les gens qui prévoient de regarder cette invraisemblable bouse. Nous, on nous avait pas dit, on était pas prêt. Heureusement qu’on était plusieurs sinon il aurait pu y avoir des blessés. Je pense pour de vrai qu’un mec tout seul peut perdre la raison en voyant Hitman le cobra, et je peux le prouver. Au moment où l’un d’entre nous a dit « les gars, y a un truc que je comprends pas », je pense l’avoir sauvé en lui répondant « déconne pas, cherche pas à comprendre, ça fait 40 minutes que rien n’a de sens ». Sinon il aurait cherché, et on l’aurait perdu.

Il faut être plusieurs, faites pas les malins.